La place de la femme dans l’amour courtois
3 lutego 2009 o 08:33 w irom

l'amour courtois

Le Moyen Âge est dit d’être une époque qui a placé les fondements de la civilisation européenne. Durant de Ve au XVe siècle il décolle l’Antiquité et la Renaissance, donc les périodes où l’humanité a fait des grands progrès. Mais si on parle du Moyen Âge, on utilise plutôt le terme “commencement” que “progrès”: le commencement du système féodale, des langues nationales, de la culture européenne. C’est aussi le Moyen Âge qui a commencé la partie basse de la sinusoïde de la succession des époques littéraires de Julian Krzyżanowski, donnant naissance à quelques motifs très populaires. Un des mieux connus aujourd’hui est l’amour courtois : une amour bizarre, pleine de vaillants chevaliers et des femmes qui semblaient de ne faire presque rien de plus que d’être belle et inaccessible. Mais les relations entre les deux sexes étaient beaucoup plus compliqués que ça peut nous paraître aujourd’hui, et avant de juger sur la place de la femme dans l’amour courtois il nous faut éclairer un peu le sujet.L’amour courtois (appelé aussi « fin’amor », c’est-à-dire « l’amour parfait ») est la façon réglementée de séduire la femme à la cour (et aussi d’être séduite par les chevaliers) qui a paru dans la poésie courtoise des Troubadours et Trouvères aussi bien que dans les romans médiévaux. Comme indique son nom, il concerne seulement les gens de bonne naissance, les chevaliers et les dames de cour. Il était fortement inspiré par la vie réel, mais il ne faut pas oublier que un de ses buts c’était aussi d’inspirer la vie, alors les textes avaient une fonction éducative.

L’amour courtois suivait quelques règles strictes : il exigeait que le chevalier ait été brave, valeureux et invaincu, mais aussi bien éduqué, sous tout les formes. Être un amant courtois c’était de connaître le savoir-vivre du Moyen Âge, au sens plus approfondi qu’aujourd’hui. Il fallait savoir parler avec les dames, se comporter dans le cour, avoir une sagesse du monde, mais aussi tenir aplomb et sérieux 1. Tout cela créait un véritable idéal de l’homme de l’époque des media tempestas. L’amour courtois concernait plutôt les jeunes (c’est-à-dire : non expériences), et forcement non-mariés.

Nous ne pouvons pas dire aussi beaucoup de bien de la dame courtoise. Avant tout elle devait être belle - l’image d’une femme pâle et plus grosse que l’on trouve jolie dans les temps modernes est fortement connecté avec le Moyen Âge. De plus, la femme était obligée d’être modeste et calme. Elle avait le droit de refuser et d’accepter librement l’amour d’un homme, mais elle ne pouvait jamais prendre initiative. C’était interdit, et la femme qui se permettrait de confesser l’amour à un chevalier (ou - encore pire - à insister) était une personne considérée comme quelqu’un qui s’oppose aux moeurs. Ce comportement était vraiment inconcevable. La femme devait alors être passive : elle aimait son amant en attendant ses actions.

Un objet idéal d’amour pour un chevalier était une dame inaccessible. Ou, plus concrètement, une dame difficilement accessible, parce que comme constat M. Zink, l’amour courtois n’était pas l’amour platonique 1, et il pouvait être accompli, aussi bien qu’avoir une dimension physique. Un modèle de dame qui répondait à ces espérances était une femme déjà mariée : difficilement accessible à cause de mariage, mais toujours vivante et très belle. De plus, le chevalier gagnait un adversaire bien fort : un mari jaloux, à qui - au contraire d’amant courtois - manquait des valeurs. Il faut aussi noter que le système d’éducation et du mariage du Moyen Âge était favorable à l’amour courtois - il produisait beaucoup d’hommes non mariés qui avait besoin de stabilité, et, d’autre côté, les femmes n’aimaient pas leurs maris qui leur avaient été forcés à l’âge trop jeune 3.

Mais un long chemin attendait les chevaliers qui voulaient gagner l’amour de l’objet de son désir. Ils étaient les vassales d’un seigneur et ils devaient obéir à ses ordres, dans la plupart de cas très dangereux et exigeants d’abandonner son amante. L’amour courtois était alors souvent connecté avec la tristesse de la séparation des amoureux. Les poètes du Moyen Âge ont fréquemment exalté ses souffrances venants d’une langueur si forte que comparable au douleur physique. Jaufré Rudel, un troubadour aquitain de XIIe siècle écrivant en langue d’oc, a détaillé les sentiments qu’il éprouvait vers la dame de son cœur dans son chanson Qand lo rossignols el foillos 4 :


2.
Amors de terra lohndana,
Per vos totz lo cors mi dol;
E non’n puesc trobar mezina
Si non au vostre reclam,
Ab atraich d’amor doussana
Dinz vergier o sotz cortina
Ab dezirada companha.

2.
Amour de terre lointaine,
Pour vous j’ai le cœur dolent,
Et n’y puis trouver remède
Si je n’entends votre appel,
Par attrait de douce union,
En verger ou sous courtine,
Avec l’amie désirée.

Il faut noter que c’est un homme qui est l’auteur de ces verses : dans l’amour courtois les hommes exprimait ses sentiments parce que les femmes n’avaient pas de voix - son rôle était complètement passive. Elles pouvaient seulement attendre en soignant sa beauté à un chevalier qui tombera amoureux d’elles.

Ce qui est très intéressant est la relation entre les deux sexes dans le contexte courtois : pour que l’amour ait été assez exigeante, le chevalier souvent tombait amoureux d’une femme située dans une rang social plus haute que celle de lui-même. Ça soulignait encore les rapports féodales entre les amants : le chevalier devenait un vassal de la dame, faisant de lui son seigneur. L’amour courtois apprenait les chevaliers à servir 3.

Le résultat de cette façon de traiter des femmes ne pouvait être qu’un seul : la surestimation métaphysique du beau sexe. L’amour vers une dame de cour était devenu l’objectif, la cause et le moyen du progrès intérieur des jeunes chevaliers 6. Pour mériter l’amour et le respect ils devaient premièrement devenir braves et vaillants, mais aussi apprendre quelques choses très importants dans le Moyen Âge : la vie de cour, la foie chrétienne où bien - suivant un bon exemple de Perceval, un chevalier de table ronde et aussi le héros d’un roman de Chrétien de Troyes - l'indépendance de sa mère.

En réalité, pour gagner l’amour de la dame de son cœur un jeun chevalier devait... mûrir. Tout ses efforts n’étaient qu’une voyage métaphorique (souvent aussi au sens propre du mot) d’initiation : la femme dont il pouvait tomber amoureux était nécessaire pour qu’il soit devenu un vrai chevalier. Le rôle de la femme est encore une fois passif : elle devait être belle et par son apparence et belles façons faciliter l’acte de tomber amoureux d’elle. C’était aussi vraiment important qu’elle n’acceptait trop tôt les sentiments du chevalier pour qu’il ait eu assez du temps à devenir adulte.

De ce mélange bizarre d’amour, d’admiration, tristesse et de passion d’être refus, nous avons reçu un sentiment qui a inspiré beaucoup des poètes du Moyen Âge : entre autres Bernard de Ventadour, qui dans une apostrophe placée dans son chanson Tant ai mo cor ple de joya 7 a exprimé tout ce qu’il ressentait envers une femme:

5.(...)
Bona domna jauzionda,
Mor se-l vostr’amaire !
Paor ai que-l cors me fonda
S’aissi-m dura gaire.
Domna per vostr’amor
Jonh las mas et ador !
Gens cors ab frescha color,
Gran mal me faitz traire !
5. (...)
Bonne dame si joyeuse,
Votre amant se meurt;
Je crains que mon cœur ne fonde
Si mon mal ne cesse...
Dame, je joins les mains,
Je prie : je vous adore.
Beau corps aux fraîches couleurs,
Bien cruel vous m’êtes !


Mais dans ses contactes avec les hommes une dame ne pouvait pas rester complètement inactive. Il faut noter qu’elle avait beaucoup d’occasions à rencontrer des jeunes chevaliers (pendant les tournois, les fêtes) et elle devait savoir comment se comporter vers eux pour réveiller l’amour dans leurs cœurs et les bien motiver à se développer. C’était les femmes qui devaient apprécier avec sagesse les actions des hommes et animer leur ardeur 3. Un homme apprécié c’était l’un qui était le meilleur : le plus vaillant, le plus puissant, l’un qui a gagné le tournoi ou l’un qui l’avait mieux servi. Tout cela introduisait une rivalité entre les chevaliers : encore une raison à faire des progrès, à donner des services à la femme du cœur.

On a déjà dit que l’amour courtois apprenait les chevaliers à servir. Maintenant on peut se demander : pourquoi ? Une des hypothèses constate qu’on peut chercher des raisons dans les origines de la poésie courtoise - elle était crée dans les cours, par les troubadours et trouvères souvent à l’ordre d’un seigneur, ou, par le seigneur lui-même (ça arrivait parfois qu’un seigneur était aussi poète). Ces œuvres avaient une grande publique dans les cours, alors elles pouvaient être utilisées comme un des moyens d’une propagande féodale, donnant aux vassaux du seigneur les idéals qu’ils devaient suivre. Le plus important semble le triangle des relations entre la dame, le chevalier et le seigneur, où c’était le chevalier qui devait servir aux autres. Appris au jeune âge comment servir à la dame de son cœur, il serait un bon vassal à son seigneur.

Mais il ne faut pas chercher des conspirations des seigneurs médiévaux pour s’imaginer comment les idéals d’amour courtois se réalisaient dans le triangle mentionné. On peut bien supposer que ça ce qui était le plus important pour les chevaliers était l’amour et le respect de son seigneur, et étant amant courtois et possédant tout ses valeurs pouvait les aider à gagner ses faveurs. C’est ici que l’objet d’amour perde l’importance parce que l’amour il-même devient l’objectif - on peut dire alors que les chevaliers courtois n’aimaient pas de femmes, mais leur amour envers ces dames. Encore une fois on ne peut rien ajouter au rôle de la femme dans la fine amour. Adorée et célébrée, toujours au centre des pensés des chevaliers, elle semble d’être reculée, non-importante comme une personne, mais plutôt comme un idéal de femme au sens platonique. Elle est devenue une victime du système dominé par les hommes, où les chevaliers font des concours pour gagner ses faveurs, mais en vérité ça ne sert qu’à les préparer à donner des services à un autre seigneur 6.

Les troubadours et trouvères avaient aussi leur image d’amour : il était leur inspiration poétique et un sujet principal. De plus, leurs capacités d’écrire étaient fortement liés à l’amour qu’ils éprouvaient - ceux qui aimait le plus savait écrire le mieux 10. Par conséquent, un troubadour qui a cessé d’aimer devait abandonner la poésie. On voit que, pareil qu’avec les chevaliers, pour les poètes du Moyen Âge ce n’était pas la femme qui était la plus importante, mais leur amour envers elle.

La place de la femme dans l’amour courtois était sûrement au centre des idéals de la chevalerie et la poésie, mais son rôle - au contraire - était fortement diminué. Une dame de cour était comme un mannequin bien adorable, mais n’ayant rien d’important à faire. Il faut cependant noter que cette image du sexe féminin a influencé les époques succédants. En parlant des héros romantiques on dit souvent qu’ils n’aimait pas de femmes, mais seulement leur amour. Mais même aujourd’hui l'idée des hommes ouvrants les portes pour les femmes est bien vivant, ce qui est une trace visible de l’amour courtois.

  • 1. Michel Zink, Introduction à la littérature française du Moyen Âge, Paris, 1993
  • 2. Michel Zink, Introduction à la littérature française du Moyen Âge, Paris, 1993
  • 3. Georges Duby, Mâle Moyen Âge, Paris, Flammarion, 1988
  • 4. Jaufré Rudel, Qan lo rius de la fontana, dans: René Nelli, Les troubadours, Desclée De Brouver, 1966
  • 5. Georges Duby, Mâle Moyen Âge, Paris, Flammarion, 1988
  • 6. Henri Marrou, Les troubadours, Paris, le Seuil, 1961
  • 7. Bernard de Ventadour, Tant ai mo cor ple de joya, dans: René Nelli, Les troubadours, Desclée De Brouver, 1966
  • 8. Georges Duby, Mâle Moyen Âge, Paris, Flammarion, 1988
  • 9. Henri Marrou, Les troubadours, Paris, le Seuil, 1961
  • 10. Ibid.
  • Wojciech Mosiejczuk @mosiejczuk
    filmowiec i romanista zainteresowany wszelkimi formami narracji, od książek po media wizualne
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