4h45 du matin
13 listopada 2009 o 00:42 w irom, historia

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L'histoire de la Pologne abonde en événements tragiques qui pendant des siècles influencèrent la perception du monde des Polonais. Un épisode de passé peut être objet de manipulations des parties politiques. Même si la vérité n'est pas déformée, la mise au nouveau contexte sert parfois aux intérêts propres des gouvernements à venir. Les autorités communistes de la Republique Populaire de la Pologne perfectionnèrent cette technique.

Ville autonome dans l'entre-deux-guerres, Gdańsk fut sujet des différends entre la Pologne et l'Allemagne. Située sur la Baltique, elle contienne un port important qui la fait le centre commercial de la région. Lieux d'accrochage des deux zones d'influence, devint finalement un des prétextes de l'attaque nazi en Pologne en septembre 1939.

À Gdańsk de l'entre-deux-guerres on trouva des Polonais et des Allemands, vivants ensemble en dehors de leur propres patries. Il y eut aussi beaucoup des "habitants de Gdańsk" qui ne ressentent de liaisons avec aucun de ces pays. Sur les rues on entendit d'abord l'allemand et le polonais, parfois aussi le français. Le nom de l'office de la Poste Polonaise à Gdańsk nécessite l'adjectif puisque il existait aussi dans cette ville l'office de la Poste Allemande.

Le première septembre 1939 vers 4h du matin l'électricité et le téléphone dans le bâtiment de la poste furent coupés. Les fonctionnaires, instruits dans le domaine du combat, pressentirent le danger et se mirent à préparer la défense. À 4h 45, simultanément à l'attaque du Schleswig-Holstein à la base militaire polonaise à Westerplatte, près de Gdańsk, les fonctionnaires de la poste entendirent les premières explosions et virent les troupes allemandes entrer au bâtiment. Bien que presque sans armes, 57 fonctionnaires de la poste résistèrent aux attaques des soldats allemandes pendant plus de 14 heures au premier jour de la Deuxième Guerre Mondiale.

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Projeté en 1979 par Wincenty Kućma, le monument des Défenseurs de la Poste Polonaise à Gdańsk présente un jeune fonctionnaire qui, blessé mortellement, est porté par les vagues. Il tend la main pour donner son fusil à la déesse Niké. L'homme est fatigué par le combat, des lettres tombent de son sac de postier. Niké, par contre, est pleine d'énergie, avec un visage sérieux et menaçant elle vole accompagnée des oiseaux, des laridés ou des pigeons symbolisants la paix. Le monument qui a plus de 7 mètres de hauteur est construit de l'acier inoxydable par les ouvriers de la raffinerie à Gdańsk. Les vagues en pavé sont éparpillés sur le place entier.

L'objet se trouve en face de l'entrée principale à la Poste. Bien que proche à la vieille ville, cette location reste en aparté des routes touristiques principales. Entouré par les bâtiments résidentiels, il est peu populaire.

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Ce qui ouvre la porte à l'interprétation c'est déjà le choix de la thématique du monument. La défense de la poste à Gdańsk n'est qu'un épisode de la lutte polonaise dans la Deuxième Guerre Mondiale. Il a cependant des valeurs symboliques puisque il montre bien les disproportions David-Goliat des côtés du conflit: les Polonais, peu en nombre et mal équipés, eurent montré leur vaillance extraordinaire contre les unités soldats allemandes. De plus, la focalisation sur la Troisième Reich, qui n'était pas le seul ennemi de la Pologne, distrait du rôle double de l'Union Soviétique.

Par ailleurs, le combat des Polonais enfermés dans un bâtiment polonais dans une ville autonome et attaqués de tout les côtés par les soldats allemands symbolise la solitude de la Pologne au début de la Deuxième Guerre Mondiale - à l'exception de la frontière courte avec la Roumanie le pays fut entouré par les alliés des nazis. L'isolement d'autant plus important qu'il montre la nécessité de l'union avec l'URSS qui est le "moindre pire". Il est aussi important que le monument lui-même ne diabolise pas les soldats allemands. Présenté seulement 7 ans après la ratification de la Traitée de Varsovie qui normalisa les relations polono-allemandes pour la première fois depuis plus de 35 ans, la symbolique ne put pas être offensive envers les adversaires du passé.

Ce qui attire l' attention c'est le choix des motifs mythologiques qui, dans une société chrétienne, s'explique d'abord par l'aversion des autorités communistes envers la foi en général.

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Le gouvernement communiste polonais essaya de faire un bon usage propagande de la quarantième anniversaire de la défense de la poste polonaise à Gdańsk: il réussit à améliorer les relations entre les classes sociales (les artistes co-travaillent avec les ouvriers pour construire un grand monument qui peut témoigner de la force du pays) et en même temps à approfondir une certaine vision de l'histoire favorable à l'URSS.

Photos par Izabela Przylipiak

Wojciech Mosiejczuk @mosiejczuk
filmowiec i romanista zainteresowany wszelkimi formami narracji, od książek po media wizualne
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